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jan
2010
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L’âge d’or (JSH 1954) Par Pierre Audemars

L’âge d’or (JSH 1954)
Par Pierre Audemars

Trois régions bien distinctes ont vu naître l’industrie horlogère suisse : Genève, le village La Sagne dans les montagnes neuchâteloises, et la commune du Chenit, où se trouve Le Brassus, dans la Vallée de Joux. C’est à cette dernière que se rapporte ce qui suit.

Quittant le hameau de Chez-le-Maître, près du village du Brassus, où il est né, un jeune homme se dirige vers le col du Marchairuz qui sépare la Vallée de Joux de la région du lac Léman.

Son histoire nous est à peu près inconnue. Nous savons, cependant, que c’était un ouvrier habile et qu’il avait mis une ardeur presque fanatique à réunir quelques économies, afin de réaliser le rêve et l’ambition de son adolescence : apprendre à faire une montre.

Cela n’était pas chose facile.

Le nickel, tel que le connaissent les horlogers d’aujourd’hui, n’existait pas encore. Avant qu’il pût utiliser le laiton dont il ferait un mouvement, l’artisan d’alors devait le travailler et le durcir à coups de marteau, afin de le rendre assez homogène pour être tourné et percé, assez résistant pour être découpé et assez dur pour supporter le frottement. Toutes les parties forgées devaient être redurcies, tant pour pouvoir résister à l’action des pas de vis que pour éviter qu’elles ne se déforment au cours des opérations subséquentes.

De même, l’acier devait être traité avant de pouvoir être utilisé. Les ébauches des arbres de barillet devaient être martelées par le forgeron dans un acier doux et ressemblaient à de gros clous à deux têtes. Cette méthode, disait-on, donnait un acier de meilleure qualité.

Les premiers ressorts aussi étaient faits à la main. Ceux qui ont regardé travailler un forgeron peuvent se faire une idée de l’adresse qui est nécessaire pour exécuter entièrement un ressort de montre. Ce n’était pas une petite affaire que de maintenir une chaleur égale tandis que sur l’enclume le morceau de métal était étiré et aminci à coups de marteau. Puis il fallait lui donner une épaisseur et une largeur uniformes et le tremper.

Le plan incliné de la fusée était également découpé à la main, de même que la minuscule chaîne de fusée.

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Ecrit par admin dans : Histoire |